
Kalen Koan II sous voiles
Construit dans le fin fond du Loiret et mis à l’eau à JOIGNY, dans l’Yonne le 19 mars 2002, Kalen Koan est sorti de la propriété, ou il a été construit, à travers la haie, puis un champs de colza pour stationner 2/3 jours sur le chemin d’entrée en dur. Une petite émission radio, un article dans le journal local et la promenade du WE ont amené de nombreux badauds. Le trajet n’a pas été une mince affaire non plus. Deux motards, une voiture devant l’autre derrière et la masse de 7m de large pour 5m de hauteur s’ébranle sur les petites routes de campagne reconnues à l’avance mais il n’est pas évident d’estimer le rayon de braquage de la semi-remorque. Il a bien fallu s’arrêter pour couper quelques branches, déplacer quelques panneaux de signalisation et nous voilà à JOIGNY, quelques 40 km parcourus en 3h.

Mannequin de construction dans le hangar

Fonds de coque, l’une retournée en position

Ah la belle peinture que voilà !!!
La mise à l’eau a été sportive, le courant de l’Yonne en cette période pluvieuse était assez fort, les marins inexpérimentés. Les moteurs ont bien démarré, 500m sous les applaudissements des amis venus assister à la mise à l’eau et nous nous amarrons au quai des péniches pour fêter l’événement et passer notre 1ère nuit à bord avant d’entamer la descente de L’Yonne, des canaux et de la seine. Surprise à la 1ère écluse ;on ne nous attendait pas, il a fallu téléphoner à la direction des VNF, bien que nous ayons payé notre droit de circulation, et prévenir les éclusiers en aval qui ont la charge de plusieurs écluses parfois en donnant la priorité aux péniches ce qui est normal.
Arrêt de rigueur à Melun pour recevoir Nicolas Lesueur et sa femme qui ont participé à la fabrication des pièces mécaniques, dans un endroit pas très agréable, en fait il n’y a pas eu d’endroits vraiment propices pour stationner un bateau de plaisance tout au long du parcours.
Quelques 50/60 écluses plus loin nous voilà à Paris, que j’ai habité pendant de nombreuses années, je me faisais une joie de la traverser avec » Mon bateau ».Il faisait un froid de canard, vent d’ouest de face, clapot, péniches dans tous les sens plus les bateaux mouches, bref la galère !!!

La marina de l’arsenal ne peut pas nous recevoir, trop large !!, la halte de la concorde est en travaux, nous n’avons pu nous arrêter qu’ à Boulogne Billancourt et encore de façon provisoire. Le lendemain matin je monte de bonne heure faire un petit pipi sur le pont et je manque de passer par -dessus bord, le pont était givré
Adieux à la famille et aux amis, la société Lindapter au grand complet et ma petite mère qui nous sert d’équipière jusqu’à Rouen.
Arrêt aux Andelys ou nous sommes attendus par Daniel et Maryse Lesueur, les parents de Nicolas ci-dessus nommé qui possèdent une magnifique propriété dans les environs.
Rouen ville magnifique, j’y ai habité pendant 5 ans. La marina de l’île Lacroix est très accueillante, formalités administratives, montage et réglage du mat, encore des émotions, la trouille que les haubans, galhaubans , étais ne soient pas à la bonne longueur, mais grâce à l’aide de qui vous savez et de Pascal, un constructeur amateur, tout se montera parfaitement et Kalen Koan a vraiment l’air d’un voilier sur cette dernière portion de la seine et nous passerons sous les ponts de Normandie et Tancarville avant d’arriver à Honfleur ou j’ai fait mes débuts à la voile il y a quelques 37ans.
Nous y ferons la connaissance de Guy et Martine qui ont construit ATANAHOUE , sloop de 18m d’une finition intérieure digne de professionnels.
Les cieux ont été avec nous, petit temps frais mais ensoleillé pour cette descente de la Manche
Jusqu’à Loctudy en Bretagne sud en passant par St Vaast La Hougue et sa fameuse épicerie Gosselin, extraordinaire pour une si petite ville, Cherbourg, Serq et St Malo et visite obligatoire à Daniel et Françoise Brard dont les prières nous accompagnent tout au long de ce voyage. Puis cap sur Paimpol ou nous restons 4/5 jours bloqués par un coup de vent d’ouest. Lassés de Paimpol nous décidons d’aller mouiller à Bréhat, 7/8 nds à sec de toile, les balises défilent à toute vitesse, il ne faut pas se tromper. Mouillage dans la chambre, le lendemain au réveil nous sommes échoués bien à plat, sans avoir rien senti. En sortant du bateau nous marchons sur une praire, puis une seconde et en arrivant près du rivage, que voyons-nous sur les rochers ?des huîtres sauvages « ENORMES », sans la coquille elles débordaient de l’assiette, il fallait les manger au couteau et à la fourchette. Un vrai régal, Bréhat restera pendant longtemps notre meilleure escale.
De Bréhat arrêt à Paimpol, dont je n’ai jamais trouvé la falaise, échouage à quai puis nous sommes allés « beacher » à L’Aber wrach en laissant tomber l’ancre sur le sable au grand dam d’un promeneur.
L’île de Sein , accompagné par une famille nombreuse de grands dauphins jusque dans l’entrée du port , puis Loctudy pour saluer mes amis Cédric et Marguerite Le Garrec et ce sera notre départ pour la traversée du golfe, toujours avec du beau temps mais dans la nuit le vent se lève et là ce fut infernal pendant 2 jours, le bateau craquait, gémissait, il y avait des déflagrations sous la coque centrale, des surfs sur les vagues avec 4 gerbes d’écumes aux étraves et une espèce de ronflement sonore, bref nous n’avons pas dormi jusqu’à la Corogne et je me suis demandé si nous y arriverions entiers !! et puis si !!, 1ère expérience du multicoque. Les habitués ont beau vous dire ; mais si c’est normal le multicoque ça tape, moi j’ai serré les fesses au moins jusqu’aux Antilles. Aujourd’hui après 25000 milles il gémit, craque et tape toujours , je le laisse vivre sa vie et j’ai une confiance totale dans le bateau.
Arrivée classique à la Corogne ou le mauvais temps nous force à rester quelques jours.Nous étions au mouillage sur corps morts, la marina dans le centre ville n’était pas encore terminée, lorsqu’en déjeunant un midi je vois un ketch hollandais de 16/18m en travers du vent. Corps mort rompu, il dérapait. Panique à bord, appel à la VHF,sifflets, gesticulations pour prévenir un voilier suédois dont l’équipage déjeunait dans le cockpit sans se douter de rien.Finalement une barque du port est allée frapper sur la coque , a réveillé un dormeur qui est apparu en slip et hagard sur le pont, il a mis le moteur en route et s’est réfugié vers la nouvelle marina en construction. C’est encore l’avantage du cata et de sa vision panoramique .
Le mauvais temps nous à permis de découvrir le jambon « sérano ». Il faut aller à la casa del ramon ou el rey del ramon, ils font frire des tranches épaisses de pain de campagne dans l’huile d’olive, enduites d’une pâte genre boursin, et une chiffonnade de jambon sérano ; c’est sublime et on peut le faire soi-même . Alors ne me parlez plus du parme et autre bayonne.Tout le monde atterri à la Corogne mais il y a un petit port très bien abrité, 25 milles à l’ouest, Camarignas qui est accueillant au possible, il y a un bar/restaurant à la marina et la gérante parle français( en 2002).
Après l’Espagne et le cap Finistere doublé dans la pétole l’arrivée sur Lisbonne sera musclée mais quelle arrivée somptueuse sur le Tage calmé pour nous seuls au petit jour. La tour de contrôle nous dirige vers Doc Alcantara. Nous passons devant la tour de Belem, la tour de la découverte puis sous le nouveau pont suspendu. La ville se dévoile sous le soleil matinal, c’est superbe.J’adore Lisbonne , surtout la vieille ville, parcourue par « l’électrico 18 ». Nous découvrons rue de la miséricorde une boutique avec plein d’alcool, dont le fameux porto « BURMESTER » 10 ou 20 ans d’âge ou du millésimé. J’en ai goûté il y a 35 ans chez René Jouany et j’en ai gardé un souvenir inoubliable, une vraie culotte de velours. Il est écrit sur la bouteille qu’une fois ouverte elle doit être bue dans les 3 jours, nous avons respecté la consigne.

Visite à pied du château San Jorgue du bas en haut, point de vue exceptionnel. Le monastère de Géronimos est superbe, de la pierre taillée en dentelle. Nous devions venir pour l’exposition universelle de 1998 et cela ne s’est pas fait, c’est réparé, malheureusement les restes de l’exposition ne sont pas à la hauteur à part l’océonarium et ses poissons.Les bonnes choses ont une fin, cap sur Cadix dont l’entrée de nuit n’est pas évidente, la ville ne présente aucun attrait et nous avons été mal reçus à la marina.
Ensuite ce sera le détroit de Gibraltar, fidèle à sa promesse,, force 7/8 à la VHF. A Tarifa nous étions au moteur, dans la baie aussi et peu après le rocher l’eau moutonne et le force 7/8 nous tombe dessus en ¼ d’heure. Mais là j’étais prévenu car en 1993 j’avais fait une expérience identique avec mon précédent bateau, dans l’autre sens.
Des marinas tous les 10/15 milles en Espagne mais trop petites, pas de place pour un cata, c’est dommage car avec le tarif d’hiver c’est abordable.Je recommande un mouillage dans la baie de Carthagène entre le port militaire et le civil, il y a une petite rivière qui débouche avec des cabanons de chaque coté, c’est bien abrité et tranquille pour les faibles tirants d’eau, sauf le WE.Traversée vers les Baléares avec un orage mémorable avant Porto Ponsa, j’ai eu le temps d’affaler la grand voile mais un poil trop tard pour le génois qui faseille comme pas permis, il en perdra les mousquetons d’écoute que je retrouverai sur le pont le lendemain ( autre avantage du cata).Nous allons nous refaire une santé dans la marina, il reste une place houleuse à l’entrée à 100 euros la nuit payable cash des fois que l’on parte sans payer et il faut faire 2 km à pied , aller retour pour les douches.
Etape suivante Cuitadella, Minorque, de nuit ou nous devons nous amarrer au port de commerce, pas de place, les petites anses ont des bouées pour les baigneurs puis des mouillages pour les locaux et les visiteurs vont se faire voir.Et bien nous partirons pour La Ciota ou nous attendent Michel/e Duret qui construisent le même cata.Le lendemain de notre arrivée nos trouverons des croissants sur la jupe arrière. Puis visite aux architectes Jacques et Nicolas Fauroux à Cannes pour régler certains problèmes techniques et visite également de Fred et Carole NUMA qui construisent aussi le même cata, ils ont commencé avant moi mais j’ai été plus rapide à la construction. Ils viendront coucher à bord puis nous prendrons la direction Port Saint Louis du Rhône qui nous a proposé les meilleurs prix de stationnement de la côte pour terminer nos travaux en attendant l’époque favorable pour faire route sur les Canaries.

J’y rencontrerais Mohamrane qui s’occupe de la réhabilitation des class américa France 2 et 3, rencontre sans chichi : » j’ai aussi construit un cata, puis j’ai abandonné,_eh ! bien viens visiter le bateau, et puis on prend un verre, on mange un morceau et comme le courant passe, je lui dis que mon rêve c’est de barrer un class américa. Avant d’en barrer un je visite déjà ceux en rénovation et les jours passent, nous nous voyons régulièrement et un jour il me demande un coup de main pour mâter ses bateaux avant la mise à l’eau. Enchanté, je ne suis pas à 1 ou 2 jours près et je peux dire aujourd’hui que j’ai barré un classe américa. Bon d’accord c’était dans le chenal et en remorque mais il y a un début à tout et à mon retour si les bateaux sont toujours là j’espère en barrer un pour de vrai.

les amoureux, Catherine et Mohamrane aux Antilles
Mohamrane et Catherine sa compagne seront pendant longtemps les seuls amis à venir me rendre visite aux Antilles ou ailleurs. Puis il y aura David Bonnichon à Tahiti.
Je ne connaissais pas ce port très actif, les nordiques, hollandais, Allemands et Suisses descendent par les canaux et se retrouvent forcément à Port St Louis qu’il nous a fallu quitter en mauvais termes avec le ship local,chez lequel j’avais acheté une BLU complète, avec antenne, plaque de masse, boîtier de raccordement , logiciel sailmail pour la météo et le « branleur » de vendeur d’Icom Toulouse, s’il a été capable de faire coucou à son copain de Monaco radio n’a jamais été fichu de sortir un fax météo et pour cause , BRACKNELL en Angleterre, dont il avait une copie dans son ordi, était fermée depuis plusieurs mois, dixit un spécialiste consulté à Gibraltar.
Malgré tous les efforts de Frédéric ROGER, un autre voileux basé à Port St Louis, rien à faire, pas de fax météo. Je resterai en contact régulier avec Frédéric qui me met gentiment mes états d’âme sur le web.Néanmoins j’ai capté les bulletins de Monaco radio jusque dans le milieu de l’atlantique.
La descente vers Gibraltar s’est déroulée sans problème, beaucoup de moteur sans s’arrêter aux Baléares cette fois mais encore du vent fort pour doubler le » Rocher ». Au retour nous nous arrêterons à la marina de Queens quay, chicos, juste devant les restaurants, des pros, accueil british et efficace. Nous monterons sur la montagne des singes qui offre une vue splendide sur le détroit. Mais le principal intérêt c’est le GO à un prix défiant toute concurrence.

Kalen Koan à Queen’s quay marina , Gibraltar
Départ de Gibraltar le 29/08/2002 pour Tarifa que j’avais visité contraint et forcé il y a une dizaine d’années. Beaucoup de changements au niveau de la ville et du port qui n’est pas fait pour les plaisanciers. Le 1er septembre 2002 c’est le vrai départ vers Madère, en fait Porto Santo une île juste avant, sur les chapeaux de roues, voiles en ciseaux, 10/11 nds pendant 3 hrs et puis calme plat. A Porto Santo nous rencontrerons quelques participantsde l’ARC 2002 qui roulent leur caisse, pas de contact.
Arrivée à Madère le 07/09/2002, mouillage dans l’avant port assez rouleur, ville superbe ainsi que l’île que nous parcourons en voiture, végétation identique à la Corse, mais la ville est tout en hauteur, le jardin botanique est très joli et nous ferons une ballade en hauteur le log d’un canal d’amenée d’eau potable qui suit le contour des collines.Entre Madère et Lanzarotte nous croiserons un voilier français, pratiquement le seul voilier rencontré en traversée pendant ce ½ tour du monde. Nous nous prendrons respectivement en photos que nous échangerons à Las Palmas. En fait nous irons d’abord à Graciosa, juste au nord de Lanzarotte, petite île qui fait penser à l’Afrique, pas de végétation, du sable et des maisons blanchies à la chaux.
De là à Lanzarotte il n’y a qu’un pas vite franchi. Nous visiterons l’île en voiture, les locations ne sont pas chères , le parc national de TIMAN FAYA, c’est impressionnant et angoissant, des champs de lave volcanique lugubres, paysage lunaire sur des km. Nous grimpons au restaurant, en voiture, ou le spectacle est bien organisé pour les touristes :
Des bouches de chaleur ou l’on fait brûler des épineux secs, quelques secondes et ils s’enflamment,
Des puits, tubes métalliques, enfoncés dans le sol, ou les gardiens versent un seau d’eau qui ressort en geyzer aussitôt
Barbecue naturel sur lequel est grillé la viande et le poisson.
Au nord de l’île il y a le mirador DEL RIO, qui surplombe à pic, l’île de Graciosa, c’est impressionnant. A JAMEOS DEL AGUA il y a des grottes d’eau de mer, avec des crabes aveugles que nous n’avons pas vu, c’ était nous les aveugles !!!
Nous essayerons ensuite d’aller à Puerto del Castillo, port privé réservé aux Allemands qui nous virerons par un cerbère en jet ski. Deutchland uber ales !!! nous continuerons jusqu’à la prochaine baie, POZO NEGRO, pour nous seuls dans un décor de western américain, un petit restaurant, une bonne paêlla arrosée d’un « Sangre de torros » au retour vers le bateau dans la pénombre nous serons accostés par une anglaise qui nous offre une aquarelle de Kalen Koan. Nous lions connaissance ; il s’agit de Judith et John EARDLEY qui sont en vacances. John un grand gaillard costaud décèdera d’un cancer quelques mois plus tard.Je continue d’échanger une carte chaque Noël avec Judith.

Pour faire court, nous avons fait presque toutes les îles des Canaries, conclusion ça ne vaut pas la Corse dont je suis un inconditionnel. Très peu de rencontres avec les autres plaisanciers, nous nous disons que c’est parce que nous avons un cata, mais non les autres catas ne viennent pas non plus. Un petit bonjour quand on arrive, un signe de la main, les gens replongent dans leur bateau et on ne les voit plus. Si on ne va pas vers eux, très peu bougent.
Cela mérite que je mentionne Joël et Lydie sur RAPA un mélodie de quelques années. Lui fait les traversées en solitaire et elle vient le rejoindre aux escales. Je les retrouverai en Guadeloupe ou ils viendront me prendre les amarres dans une marina. Le pauvre il devait aussi faire le tour du monde et son fils ayant décidé de se marier, il n’a fait que le tour de l’atlantique. Si tu me lis Joël j’espère que tu repartiras.
Un petit mot quand même sur Las Palmas, la marina visiteur n’est pas très pratique, mouillage le cul au quai mais l’avant port est bien devant une belle plage propre ,ratissée tous les matins et les locaux viennent s’y baigner, les habitués ont leur cabine comme à Deauville et c’est bien fini la réputation de port sale de Las Palmas dont on reconnaissait les voiliers qui y avaient fait escale à leur ligne de flottaison mazoutée.
Visite au consulat de Mauritanie car ma compagne y ayant travaillé il y a quelques années nous décidons d’y faire escale et pour cela obtenir nos visas. Nous remplissons les documents, revenons le lendemain, puis le surlendemain et une 3 fois , toujours pas de visas. Nous laissons tomber et à ce moment là on va vous les faire tout de suite. Un bras d’honneur mental et nous partons sans visas.
Une trentaine de milles avant l’arrivée en Mauritanie, contrôle en mer par un zodiac maroquin détaché d’un navire de guerre et qui patrouille dans le coin. Cela s’est très bien passé mais on est toujours un peu anxieux. Au Cap Blanc, c’est l’Afrique, chaleur et vent de sable, les bouées, une de temps en temps, ensuite une odeur bizarre nous prends à la gorge, c’est le terminal mineralier puis en approchant de la ville une puanteur de chez puanteur, le poisson qui pourri sur la plage, dans les bateaux, les entrepôts , je ne sais ou, une infection. Bien entendu il faudra graisser la patte, mais malgré les bakchichs à un « agent » notre séjour de 3 jrs avec le plein de GO livré en taxi par jerrican ne nous coûtera pas pas plus cher que nos deux visas.
Un soir je veux prendre une photo du port, un gars me tape sur l’épaule et me dit que les photos sont interdites ; je lui réponds que j’ai juste pris les bateaux, c’est OK mais je n’ai pas fait 5Om qu’un policier m’alpague manu militari et au poste ou je devrais attendre l’arrivée du gradé. Heureusement c’est un appareil numérique et je peux lui montrer ce que j’ai pris et nous en restons là. Il m’explique qu’un journaliste est venu il y a quelques années, a fait un article avec les photos de poissons qui pourrissait sur la plage et pendant longtemps ils ont perdu la source principale de leurs revenus. Alors au lieu de ramasser le poisson dans les frigos, on interdit les photos, cela revient moins cher.

Port de Nouadhibou, Mauritanie
La baie de Nouadhibou est encombrée de thoniers, chalutiers de toutes tailles et formes à couple par grappes et dans un état lamentable, mais alors qu’elle est poissonneuse, en partant nous laissons traîner une ligne et 5mn après une superbe dorade coryphène, on les voit sauter hors de l’eau. Houle de 3,5/4m à la sortie, croisée, désagréable au possible, vent force 6/7, 170 milles les 1ères 24 h et sans réduction de voilure nous aurions approché les 200.
Cap vert, isla do Sal, le vert est devenu marron car la végétation est rabougrie, chaleur étouffante, humide. Une trentaine de voiliers au mouillage mais toujours pas de contacts.
A Boavista nous trouvons un restaurant dont les proprios parlent français, des Suisses je crois, nous prenons une langouste, congelée probablement plusieurs fois, coliques le lendemain ou un pêcheur nous propose de la langouste vivante cette fois, quel régal !!
Tout le monde chante le charme des îles du cap vert, mais c’est du pipo !! quand on voit les gens en pleine ville qui viennent faire leurs besoins dans la mer, sans aucune gène les photos des guides de croisière qui montrent le marché, viande, poisson,fruit, sans une seule mouche alors qu’elles sont agglutinées en masse, les photographes sont des champions.
A Sao Nicolau nous trouvons Norbert et son cata prout de 30/35 pieds, sympa, il nous fera faire la connaissance d’un collègue juif hollandais, si,si, ça existe, qui nous fera visiter l île. Nous avons choisi le bon jour pour quitter le bateau car le lendemain 35/40 nds dans le port, durant la nuit je n’étais pas tranquille, je vais faire le quart dans le cockpit et à 4 h du matin je vois le cata de Norbert qui dérive sur la jetée en passant à coté de nous. Il y a tellement de vent qu’il ne m’entend pas, je saute dans l’annexe et frappe sur la coque pour le réveiller, il a juste le temps de mettre son moteur en route, il était à 10m de la jetée. Le lendemain re-belote, cette fois c’est nous qui dérivons, au milieu de la nuit. Moteurs en route j’essaie de remonter l’ancre, à cette époque elle passait sous la poutre en bois qui ne résiste pas et se décroche mais toujours autour de la chaîne. A l’eau avec un marteau pour la casser et pouvoir remonter l’ancre, nous irons mouiller plus loin mais tous les bateaux déraperont.

Port de Tarafal à Sao Nicolao
A la fin du mauvais temps nous partirons sur Mindelo, 3/4m de creux, l’arrivée sur Mindello est sportive et les places sont chères dans la baie because les 27 participants du rally du soleil. Ce monde des rallies cela me fait penser aux colonies de vacances et je ne supporte plus ; il fallait les entendre à la VHF ; » je n’ai plus de papier à cul, ou puis-je en trouver ? « , toutes les question vont à l’organisateur qui le pauvre ne vole pas l’argent qu’il gagne. J’appelle ça le rally des assistés.
Passage au chantier CABNAVE qui me fait une poutre de compression et un davier en inox sur plans bibi. Ce n’est pas choli-choli mais ça baise bien quand-même !! (blague teutonne : quelle est la différence entre une Allemande et une balance Roberval ?)
Je me fais assassiner pour le prix, mais il n’y avait pas d’autre solution.
C’est aussi le moment que choisi ma compagne pour rentrer, sous un prétexte fallacieux, décidément je les cumule. Enfin mieux vaut être seul et en bonne santé que malade et mal accompagné. A partir de maintenant le récit sera à la 1ère personne du singulier.
Départ le 16/11/02 à 09h 45 pour les Antilles, c’est juste en face !!, facile à dire, chiasse carabinée, l’appréhension, je suis barbouillé, pas fait de mer depuis 15jrs et puis il y a 1900 milles droit devant sans possibilité de retour et seul, ce sera la 1ère fois que je serai seul de chez seul.J’ai donc hissé la gv dans l’avant port et j’ai été assez content de moi car avant j’avais quelqu’un pour me tenir le cap, et seul j’ai hissé un petit bout de gv, jusqu’au 1er lazy jack, je règle le pilote pour mettre la voile pile dans l’axe et ça marche à 2 conditions :
-D’avoir suffisamment d’eau à courir devant,
-Que le plan d’eau soit calme.

Depuis j’ai amélioré le système en hissant la gv à l’ancre et ça le fait.
Je m’étais fixé comme moyenne 150 milles par 24h, soit 13 jrs. Le 2ème jour, le vent tombe et je décide de hisser le spi, sans chaussette. Je l’étale donc sur la plage avant, le prépare soigneusement mais comme il y avait une houle résiduelle quand l’avant piquait dans les creux, le spi se gonflait, obligé de m’allonger les pieds et les bras en croix pour éviter qu’il ne passe pardessus bord. Au bout d’un moment je me dis que j’ai l’air con, je réfléchis ( si-si ça m’arrive !) je n’ai qu’a attendre la prochaine accalmie, me mettre debout, hisser à la volée et le tour est joué. En théorie c’est parfait, mais en me levant j’ai mis le pied dans la boucle de l’écoute, quand j’ai hissé le spi s’est bien gonflé, entraînant l’écoute qui m’a fauché comme une crêpe (ou les blés), j’ai traversé le pont sur les fesses pour ne m’arrêter que dans les filières, je tenais toujours la drisse mais quand j’ai vu l’eau s’approcher j’ai eu la trouille de ma vie.
Les filières m’ont stoppé mais le spi a continué de se gonfler, tirant sur l’écoute qui m’a brûlé la peau à la pliure du genou. Quand j’ai voulu récupérer le spi il a voulu passer sous l’étrave, bref la galère et plus d’une heure pour tout récupérer et le rentrer dans le coffre en lui promettent de ne plus sortir sans chaussette. La peur passée, j’ai commencé à sentir ma brûlure et ma sciatique qui s’est déclenchée en tombant sur les fesses. Pour la sciatique j’ai un remède miracle, la ceinture renforcée du Dr Gibaud ; trois jours plus tard plus de douleur mais j’ai quand même boité jusqu’à l’arrivée en Martinique 13 jrs plus tard, selon les prévisions, au petit matin, voir apparaître d’abord un nuage consistant, puis un contour vague et enfin l’île , c’est magique.
Au mouillage à F d F je m’offre la bouteille de champagne prévue à cet effet. C’est navrant de boire seul mais une transat et qui plus est en solitaire ça s’arrose.

Voilier quatre mâts devant la baie de Fort de France
(A venir)
Ma petite mère , au mouillage à F d F
Une remarque personnelle liée à de la simple observation, je suis parti avec la pleine lune et c’est génial, on peut barrer, on voit venir les vagues, si l’on a une insomnie ou pendant le quart on peut observer les étoiles filantes ou fixes c’est quand même agréable et je n’ai lu ça dans aucun manuel ni récit de voyage, mais je ne prétends pas être le 1 à y avoir pensé.
Une autre petite angoisse au milieu de l’atlantique, la barre qui tourne dans le vide. Panique puis je me précipite dans les coffres pour constater que les drosses sont sorties des secteurs en prenant du jeu. J’ai remis en place en resserrant comme j’ai pu et en me promettant de régler au prochain carénage.
Au 6ème jour je découvre que mon pied gauche est enflé, suite de la sciatique, aspirine 2x par jour et il est nickel à l’arrivée.
cliquez sur la carte
Les Antilles , je ne connaissais pas, je les ai parcourues du sud au nord, désolé mais je préfère la Corse ; C’est raciste, les Antillaises qui sont charmantes à Paris ne sourient pas chez elles, on voit très peu de couple mixte qui sont dévisagés par les blacks. Les paysages sont jolis mais quand on a vu un cocotier on les a tous vus ;. Les plaisanciers pas plus aimables, pas de contact, j’ai quand même apprécié la côte est de la Martinique .Et je dois citer quand même le bar N° 1 de la bière à la pointe Siméon dont le patron et le garçon sont très sympa et ils ont de la leffe extra. Deux rencontres, la 1ère chez un ship ou j’achetais un convertisseur etThierry Emile Kos s’est mêlé à la conversation, électricien de son état, installé en Martinique et marié à une jolie infirmière Martiniquaise, il m’a offert un verre, moi de même, il est venu sur le bateau, un punch, puis deux, puis trois et nous en tenions une sévère, il est reparti en voiture, je ne sais pas comment il a pu arriver à bon port.Une autre rencontre dans le bus,André, mécanicien de son état qui vit aussi avec une martiniquaise sur un voilier. Ce seront mes seuls contacts.
D’abord il y a Le Vauclin dont j’ai bouché l’entrée pendant 3jrs

Puis le mouillage de petite grenade, de la mangrove, pas de visibilité mais tranquille,
Le François ou j’ai bien du croiser 2/3 voiliers, et les jeunes qui s’entraînaient à la yole

Et le must, la baie du trésor, à la presqu’île de la caravelle. C’est ma photo préférée. J’y suis resté seul pendant 15jrs à l’exception de 2 voiliers charter le WE
Baie du trésor, presqu’île de la Caravelle , Martinique
Sur La route de la Guadeloupe il y a Marie Galante , son rhum et la baie des Irois ou j’ai vu le rayon vert pour la 1 fois. Ce n’est pas une blague,il existe, il suffit d’attendre que le soleil disparaisse à l’horizon par temps clair et mer calme et au moment de la disparition il y a un éclat vert. J’ai plusieurs fois essayé de le prendre en photo et j’y suis presque arrivé.

Rayon vert : même si on ne le voit pas ; il y était !!!
Les Saintes sont également très jolies,surtout quand les touristes sont partis.La Guadeloupe c’est en fait deux îles séparées par une rivière que l’on peut emprunter à 5h du matin grâce au pont levant. Petite particularité, le pont est la limite du balisage,il change de chaque coté alors en pleine nuit quand on n’est pas très réveillé cela surprend.
Antigua et Barbuda ne m’ont pas laissé de souvenirs impérissables, ex colonies british, nos indépendantistes devraient aller faire un tour là-bas pour comparer.Saint Barthélémy par contre c’est le luxe, on se croirait à Cannes ou Nice, magasins de luxe, climatisés, vendeuses maquillées, robes et hauts talons, boutiques de parfum qui embaument la rue, champagnes, vins fins , yachts de 30m et plus le petit cata même vert fluo passe inaperçu. Mais pas du boucher ni de boulanger, on ne mange que du caviar arrosé de champagne.
Saint Martin, moitié française, moitié hollandaise est moins chicos mais c’est sur le chemin des îles vierges britanniques, but de mon voyage.
Car il me faut vous dire que j’ai gardé quelques clichés en mémoire qui m’ont fait rêver et que je souhaitais contempler de visu.
Les Baths à virgin Gorda, la photo a été sur tous les magazines, calendriers etc.. Quelques rochers polis comme aux Seychelles, des palmiers et une eau claire.
Déception quand tu nous tiens !!! d’abord il faut arriver avant 8h au mouillage sinon les bouées sont prises et on n’a pas le droit de mouiller, destruction du corail !!!quand on va à terre on ne peut pas laisser le dinghy sur la plage, il y a 2 bouées reliées par un bout auquel
Il faut s’amarrer et finir à la nage. Et l’eau qui paraît superbe sur la photo est trouble, on n’y voit pas à plus de 4/5m . J’ai vu et je suis repartis vite fait pour aller à ANNEGADA sous le vent du » MORSE SHOE REEF » alors ça c’est super. On mouille à 7/8 milles de l’île qui n’est pas haute du tout ce qui fait qu’on a l’impression d’être en haute mer, on ne voit rien à l’horizon si ce n’est une petite bande de sable dans le lointain. Sensation étrange d’être en pleine mer, le récif arrête les vagues donc c’est calme. Personne à l’horizon !! à poil avec masque, tuba et fusil des fois que le déjeuner m’attende ? au détour de la 1ère patate de corail, à 20m je me trouve nez à nez avec un requin de 1,5m. Je n’ai pas vérifié s’il était pointe blanche, noire ou citron, sauve qui peut, tant pis pour le déjeuner ce sera une boîte, mes bijoux de famille d’abord. Ce reef est immense au retour, je n’avais pas maxsea, à l’époque, je passerai dessus à la côte zéro. C’est promis je ne recommencerai plus.

Retour au près, c’est moins drôle mais à 55/60° du vent ça marche pas mal, mais ça tape, retour par St Martin ou je n’ai pas trouvé le fils de l’amie de Daniel et Françoise Brard. Puis SABA les Néerlandaises, proprettes, mais ça grimpe, les mouillages sont profonds, fonds de roches, le port a été cycloné, jolies petites maisons bien entretenues mais il est trop risqué d’abandonner le bateau trop longtemps pour visiter. Puis STATIA mouillage sur bouée, parc national oblige et 10 US $, c’est crado et délabré. Route sur St KITS , il y a une marina si l’on veut mais les formalités sont au port de commerce, il faut prendre un taxi, les frais de ceci et de cela et on double le prix de la marina que je trouvais raisonnable.
Je longerai ensuite MONTSERRAT dont le volcan est en activité, de la fumée en tout cas. Dans le sud de l’île il y a une grande coulée de lave qui a tout raboté sur son passage , comme à St Pierre en Martinique, cela ferait une belle piste de ski.
Puis ce sera la Guadeloupe et la Martinique pour re-mouiller à la baie des flamands pour l’arrivée de Catherine , que je ne connaissais pas, et Mohamrane avec lesquels nous repartirons sur la Guadeloupe.
Ma petite mère est courageusement venue me rendre visite en Martinique, nous en avons profité pour faire le tour de l’île en voiture. La pauvre la traversée baie des Flamands / Anse d’arlet lui donnera le mal de mer. Nous séjournerons quelques jours à la marina pour la remettre de ses émotions.

Photo de ma petite mère
Retour précipité en Métropole car mon ex-compagne menace de mettre mes affaires à la benne ,amour , amour quand tu nous tiens !!! ce sera la rupture DEFINITIVE et le 11/04 2003 l’aventure continue, cap sur Ste LUCIE, plus précisément Marigot bay dont j’ai gardé un poster pendant des années, une vue aérienne de l’anse, presque ronde, que des cocotiers sur les flans de la colline et un magnifique 3 mâts au mouillage. Je crois que c’était dans la revue bateau. Oh désespoir, pleins de bateaux au mouillage, hôtels/ restaurants sur pilotis et j’en passe et les blacks qui arrivent sur tout ce qui peut flotter pour proposer leurs fruits, légumes et bibelots et agressifs si l’on n’achète rien.

Marigot bay, Ste Lucie
Re- désespoir, re- fuyons vers BEQUIA, 50/60 voiliers au mouillage, alors j’ai escamoté les Grenadines pour filer sur Grenade ou le mouillage ne tient pas, cela ne m’étonne pas que le cyclone de 2004 y ait fait des ravages.
Alors toujours pas de contact dans cette partie du voyage mais après Grenade c’est LA BLANQUILA, Vénezuela, déserte à part la garnison de soldats en shorts et torse nu qui me font visiter leur base, eau limpide, cela commence à sentir le voyage et qui plus est, je n’ai rien eu à PAYER !!! étrange non !!

Photo Blanquila
Ensuite NORONSQUI ARRIBA déserte, des pêcheurs de temps en temps puis les ROQUES avec des couleurs d’eaux superbes puis les BARLAVENTOS avec plein d’oiseaux qui nichent dans les arbres et font un potain du tonnerre.
Après il y a les ABC(Aruba, Bonnaire , Curacao) hollandaises donc plus civilisées. A Bonnaire je vois un autre cata français mouillé sur bouée qui vient m’aider spontanément, 1er véritable contact, il s’agit de Louis et Christine Daron et de leurs 4 enfants sur MAHOGANY, ils vont sur Tahiti et nos routes se croiseront souvent. Je dois dire que je n’ai jamais mais alors jamais vu une famille aussi bien élevée, je les cite toujours en exemple.
BONNAIRE, la partie haute au nord est visible de loin et la moitié sud n’est qu’ à 1ou 2m au- dessus de l’eau, c’est à dire visible à seulement 2/3 milles j’avais bien calculé mon cap, et voyant la partie Nord grossir je me suis dit ; je suis déporté par le courant, il faut que je corrige. Eh bien non, il ne fallait pas, quand je me suis rendu compte de mon erreur il m’a fallu corriger dans l’autre sens
ARRUBA c’est kif-kif, ville un peu rococo pour américains avec plein de bingos ? J’aurai la visite d’un couple franco-australien, Théo et Jean, sur THEOS, une femme très sympa qui me dressera un tableau surprenant de la vie sociale australienne, le WE les hommes vont se saouler dans leur club ou faire un barbecue, et les femmes de l’autre. Son mari la battait et pourtant ils étaient d’une condition sociale assez élevée. Dans le couple, c’est elle qui a acheté le bateau et Théo sert de skipper. Ils ont acheté un Bénéteau, 12m, très bien fini intérieurement mais il n’avance plus avec des anatifes de plusieurs cm sur la coque. Théo est de Toulouse et ils pensent faire du charter en Tasmanie. Revu Mahogany venu se mettre à ma place, alors que je pars pour les San Blas.
Temps calme, beaucoup de moteur, alors que beaucoup prédisent des coups de vent au large de la Colombie. J’ai bi-passé Carthagène qui n’est pas très sure d’après les ont-dits. J’ai peut-être eu tort car j’ai vu de belles photos de la ville. Pas croisé de contrebandiers de drogue non plus, ni gardes-côtes américains.
Arrivée en fin d’après midi aux San Blas, juste à temps pour me planter sur une patate de corail je me dégage seul mais un dinghy vient me voir, il s’agit d’Edouard et Lucette sur RAVISSE partis depuis 9 ans sur un ketch acier d’une douzaine de mètres.
Premier contact véritable de tour du monde, les indiens kunas, 1,5m de haut maxi pour les hommes, gentils ils viennent en procession offrir leur « molas » et sont désespérés qu’il n’y ait pas de « segnora » à bord car ce sont les femmes qui négocient. Ils ont des pirogues avec des voiles faîtes a partir de sacs tressés, rapiécées, mais ça avance quand même et puis un moteur yamaha, une gourmette en or, une chaîne,le progrès avance petit à petit. Dans 5/6ans on sera racketté comme ailleurs. Edouard m’installe JV com mais toujours pas de fax météo.
Mahogany arrivera le lendemain avec un charter français, une famille dont le jeune fils viendra en annexe me montrer un de mes articles paru dans V etV .

Indiens Kunas aux San Blas

Ile déserte aux San Blass

Case abandonnée aux San Blas
J’ai joué au Robinson pendant 2/3 jrs sur une île déserte puis sur Colon ou il y a moins de français que je ne l’espérais au mouillage et je prépare les formalités.Il me faudra 3 semaines avant de passer, ils font durer pour que l’on reste plus longtemps. Rencontré Matthieu un cycliste qu fait le tour du monde sur une bicyclette « couchée », je n’avais jamais vu ça. Sympa, bricoleur informatique de génie il me fera fonctionner le fax météo.
Expérience de transit sur GASPAR avec Jean-Yves Le Meur et Kari, une anglaise sur un bateau acier de 10m env. Il nous faudra 2 jrs pour passer ce qui n’était pas prévu. Le Skipper doit prévoir à bouffer pour tout le monde plus le pilote qui lui couchera à terre.
Qand ce sera mon tour il me faudra trouver des équipiers, il en faut 4 aux amarres plus le skipper, cuisinier et le pilote qui donne les instructions.
Rendez-vous à 5h du matin le pilote ne viendra qu’à 6h et en route dans le noir vers l’écluse, petit déj pour tout le monde et on attend que les cargos entrent en premier, puis nous formons un « nest » de trois bateaux, amarrés ensembles et pénétrons dans l’écluse. Une touline nous est lancée pour les amarres, la porte se ferme et nous montons.Il y aura 3 écluses montantes et trois descendantes, à l’aller nous sommes derrière le cargo ,à la descente, devant, quand on voit le monstre arriver derrière on se demande s’il va s’arrêter.

Chaud derrière !!! poussez pas !!!
A Colon j’ai fait la connaissance d’un jeune français, Michael, sur un arpège qui tire le diable par la queue, mais sympa, je le retrouverai aux Marquises avec des problèmes de moteur, débrouillard je lui achèterai un hamac pour le dépanner il avait aussi de jolis bijoux en corail noir, cerclé d’or, venant de Madagascar ou l’or travaillé est paraît-il vendu au poids du brut, 60 fr le gramme à la demande, sur plans, mais cela a peut-être changé depuis. Le Breton Bernard qui parle espagnol et nous draguera deux jeunettes , sans conclusion, un autre Bernard sur Maeva fifi qui a des problèmes avec ses locataires et devra rentrer en Fr avec son bateau. Il est venu me servir d’équipier avec ses enfants et un mercenaire black que j’ai loué.J’allais oublier Matthieu et sa bicyclette que j’emmène jusqu’au Galapagos car il n’a trouvé personne pour l’emmener direct en Equateur. Champagne à la dernière écluse, le stock diminue. GO à Balboa, coté pacifique qui nous demandera 1US $ par pneu et j’en avais une douzaine.
Devant ce racket,je les reprends et les jetterai en mer en grande profondeur. Nous partons avec un bon vent qui nous tiendras plusieurs heures puis ce sera pétole ou vent contraire donc moteur tout du long soit presque 900 milles. A mi-parcours nous serons pris dans un orage,noir de chez noir, éclairs, foudre, une pastille noire sur le radar qui détecte les orages scotchés pendant plusieurs heures. Matthieu n’était pas rassuré et moi non plus tout en m’efforçant de la cacher. Le pauvre il a été malade pendant ¾ jrs, allongé dehors ou sur sa couchette mais quand il a récupéré il s’est rattrapé de sa diète, je n’ai jamais vu quelqu’un manger autant que lui.
Nous avions conclu un marché, je l’emmenais contre la mise au point de mon informatique et bien il a tenu parole, les mails et fax météo fonctionnaient parfaitement. Merci Matthieu tu es le meilleur car j’en ai vu des bidouilleurs qui savaient tout faire, soi-disant mais comme Matthieu il n’y en a pas deux.
Arrivée à San Cristobal, naufragio bay, un dimanche, trop tard pour aller à la messe.les droits sont à la tête du client, j’ai du payer le maximum et 2jrs après mon arrivée, plus d’annexe. Sont-ce les phoques et otaries qui jouaient avec, comme sur la jupe arrière ou un indélicat, je ne le saurai jamais. Je suis parti en vitesse en espérant la trouver en mer car il n’y avait pas beaucoup de vent mais j’ai scruté l’horizon en vain. J’aurai quand même le temps de faire la connaissance de Jean-Marie, français,Maureen sa compagne, hollandaise et leur jeune garçon dont j’ai oublié le nom. Bénéteau 50 pieds je crois, Liberty immatriculé à Ajaccio. Je les retrouverai à Nouméa et nous nous sommes croisés sans le savoir à Fiji.
Avec la perte de l’annexe, les frais de port et l’avitaillement c’est une escale qui me coûtera cher pour n’avoir vu que quelques phoques.

Ah bon c’est l’heure de se lever ?
En affalant la GV à San Critobal, le chariot de têtière de gv sort de son rail, plus de billes. Ce n’est pas aux Galapagos que je vais en trouver, donc je hisse comme je peux et advienne que pourra. Erreur fatale, après avoir fait du sud ouest au moteur pour trouver le vent pendant 2jrs, je suis resté 24 hrs à la voile et patatras ! la gv descend, drisse cisaillée. Alors tentative pour grimper au mât mais avec ¾ m de creux et 25 nds de vent il me fallait plus d’énergie pour tenir le mât que pour monter. Je décide donc d’utiliser la balancine, ah que c’est pas con !!
Ça tient 24 hrs et un peu avant midi le lendemain je me dis qu’il faudrait que j’affale pour voir l’état de la drisse mais comme re-hisser la gv est une opération fatigante , je décide le faire après déjeuner. Eh bien ce sera trop tard une fois de plus , la gv tombera pendant le déjeuner. Je continue sous génois seul mais je ne fais que 4/5nds ce qui me ferai 31 jrs de traversée. Le lendemain re-tentative pour grimper au mât, je suis arrivé au 2ème étage de barres de flèches et j’ai capitulé car trop dangereux. J’ai utilisé la drisse de spi que j’ai fait passer dans le losange inférieur après je ne sais combien d’acrobaties et cela correspondait avec le 2ème ris de la gv.

J’ai continué ainsi et cela a tenu jusqu’à l’arrivée à Hiva Oa 21 jrs plus tard. J’ai ensuite fait un bricolage avec des jonc en delrin et un clou long sans tête que j’ai remplacé par un autre jonc en delrin à Tahiti.
En me branchant sur le net français pendant la traversée, Louis me propose une annexe caribe usagée qu’il se propose de me livrer à Hiva Oa par le prochain cargo. Cela va me dépanner même si elle prend l’eau en attendant d’en acheter une à Tahiti.
Il y avait une vingtaine de voilier dans la baie à mon arrivée, le lendemain houle d’un mètre cinquante, nous n’étions plus que 5 ou 6. J’y ferai la brève connaissance de Damien Babinet, journaliste de Voiles et Voiliers que je reverrai à Ua Pou. Il disparaîtra en mer entre Raîatéa et la Nelle Zélande.

Le Port d’Hiva Oa aux Marquises

La stèle de J . Brel, sur son terrain à Hiva Oa
Fait la connaissance également de Gérahrt et Robn sur HEIDI, elle américaine, lui allemand naturalisé, 3 ans de légion le caporal Diekov ressasse ses souvenirs de guerre et montre fièrement ses cicatrices . Il est le 1 à donner un coup de main et il surveillera Kalen Koan au mouillage pendant que je rentrerai en France. Rencontré aussi alain et Denise avec 2 enfants en bas âge, ils ont mis 61 jrs de Panama aux Marquises, ils étaient en panne d’eau de GO, de cigarettes, vivres frais etc…Rencontré également un cata italien,Marco polo, nous ferons plus ample connaissance par la suite et Jean Yves et Kari sur GASPAR qui ont aussi mis 60 jrs de Panama. J’allais oublier Jean Claude Paratre un solitaire belge que j’accompagnerai sur la tombe de Brell car elle est envahie par la végétation.Je resterai pas mal de temps à Hiva Oa, voyage en métropole compris puis direction Ua Pou ou je reverrai Michael se débattant avec son moteur et Nuku Iva ou je dois attendre une équipière Sylvaine, petite blonde pétulante aux yeux bleus avec laquelle je correspond depuis quelques mois via internet. Elle est prof d’anglais à Tahiti, possède un petit voilier, est sportive en diable et plutôt jolie.Au mouillage il y avait également Marcel sur SYLCORVER, avec un équipier dont c’était l’anniversaire, 60 ans de mémoire. En rentrant du restaurant, beurrés comme des coins, ils passent me prendre pour finir la soirée sur leur bateau, invitant Sylvaine également. Elle n’a jamais voulu venir, trois hommes épris de boisson + moi qu’elle ne connaissait que par mail, c’était de trop pour une 1 rencontre.
Nous reviendrons sur nos pas aux Marquises, Ua Pou, Hiva Oa, Tahuata et direction les Tuamotu au choix ,Kauehi ou nous seront chahutés dans la passe. Mouillés loin du village, il y a des patates de corail partout, heureusement que Sylvaine à l’habitude. Nous ne serons pas loin d’une ferme perlière abandonnée. Sylvaine m’initiera à la chasse aux huîtres en liberté, nous trouverons nos 1ères perles, nous mangerons les talons d’huîtres et les bénitiers également cela ressemble aux coquilles St jacques. Sylvaine qui est depuis quelques années dans le pacifique attrapera la ciguatéra, moi pas encore intoxiqué, j’y échapperai mais j’ai commencé à sentir les premiers symptômes. Elle sera au régime grave pendant + de 6 mois et encore aujourd'hui elle ne mange pas de poisson. Nous irons ensuite à Toao à l’anse Amiot ou nous aurons un excellent accueil par la famille de Rose et Taupiri. Repas au restaurant tous les soirs en compagnie de 3 autres voiliers, Crabes de cocotier, langoustes, varots, poisson cru et CREPES à l’eau de cocos vertes, SANS ŒUFS, et c’est excellent. Ils nous conduiront dans le lagon nager avec des raies mantas impressionnantes. Nous irons à la pêche à la langouste, en plein jour, sur le récif à marée basse. Moi je n’ai pas osé, il fallait s’adosser aux vagues et plonger les avant bras dans les trous et attraper les bestioles à la main. J’ai préféré faire le guetteur, lorsqu’une vague un peu grosse arrivait il fallait se dégager pour éviter d’être drossé sur le récif. Une trentaine de langoustes en 2h.

Au mouillage de l’anse Amiot, Toamotu.
De là nous irons à FAKARAVA, un atoll en longueur, bétonné pour la supposée venue de J. Chirac avec aéroport gros porteurs, hôtel 5 étoiles, Quai d’honneur, route cimentée dans le village pour quelques malheureux habitants qui n’en voulaient pas et des cabines téléphoniques internationales tous les 50m et elles fonctionnaient. Nous sommes allés dans le sud à TETAMANU pour emprunter la passe, qui remue, et remonter sur APATAKI. Joli petit village avec un port minuscule à l’entrée, juste assez grand pour un voilier mais pas deux, impossible de mouiller près du village exposé au vent d’est, nous traverserons le lagon pour nous mettre à l’abri d’une île, devant une ferme tenue par un chinois avec lequel le contact ne passera pas. D’autres navigateurs ont eu un excellent accueil. Retour au village ou nous resterons au quai de la goélette. Peu de temps après nous un voilier français se fera drosser sur le récif dans un coup de maramu. Il aura pendant 2 ou 3h l’assistance des marins de la nationale mais l’amiral qui avait une interview à la télé de Papeete les a laissés se débrouiller seul. Histoire parue dans V etV.
Nous mettrons le cap sur Tahiti ou j’irai mouiller à la pointe Vénus, avec son phare, sur les conseils de mon équipière préférée. J’y resterai plusieurs mois, c’est la seule plage de Tahiti, sable noir, et beaucoup de baigneurs prendrons le cata comme bouée comme les piroguiers pour lesquels je serai une marque de parcours. Ce soir 21/08/04, par exemple c’est le mouillage de rêve, une eau calme, de petites frisures, l’île de Mooréa qui se découpe au soleil couchant, je vais voir le rayon vert !!!c’est le bonheur, des nuages dans le ciel , un verre de tahiti drink, un léger ressac sur la plage à poil après la baignade, une serviette autour des reins car la population est très prude et le phare de la pointe Vénus qui va me tenir compagnie cette nuit. Elle n’est pas belle la vie ?.

Le
recueillement avant la
compétition

Une concurrente sous le charme du bateau ou du Skipper !! on ne sait pas.
J’y ferai des connaissances, je ne peux toutes les citer, certaines sympa d’autres moins et en janvier 2004 le cata a failli finir sur la plage. Une forte houle d’ouest est annoncée à la météo pour le lendemain aux infos télévisées. Je décide de rentrer plutôt sur le bateau et bien m’en prends, la houle était déjà là et le pauvre bateau tirait sur son ancre en faisant des bonds. Je me précipite avec l’annexe, l’attache avec deux bouts, un en inox et l’autre en polypro, les moteurs en route, je vais au guideau, il ne tenait plus que par les deux boulons de devant, ceux de ‘arrière ayant poinçonné du contreplaqué de 22 stratifié. Remonter l’ancre n’a pas été une mince affaire, mais j’y suis parvenu et je me suis dirigé vers ARUHE qui est mieux protégée. Je regarde derrière, l’annexe n’y était plus, elle faisait des tonneaux dans les rouleaux de la plage. J’ai vu des gens l’a récupérer donc je ne me suis pas inquiété sauf pour le moteur qu’il faudra réviser complètement et remplacer le capot perdu.
Moralité : j’ai eu chaud, une heure de plus et c’était fichu. L’ancre n’a pas bougé,c’est la chaîne qui s’est allongée sous les coups de boutoir, les maillons ne rentraient plus dans le barbotin ; à changer !! plus plaque et contreplaque en alu, stratifiée pour renforcer l’embase qui tient à ce jour.

Coucher de soleil sur Moréa

Four tahitien
Le repas de Noël 2003
Un petit dicton breton pour détendre l’atmosphère :
Méfie-toi du devant des femmes, du derrière des chevaux et donne du tour aux pointes.
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