retour à la page d'acceuil

Des îles Salomon vers la Malaisie

iles salomons

D’Honiara, je suis allé aux Floridas, un groupe d’îles entre Guadalcanal et Malaita avec des passes étroites entre les îles.J’ai eu du mauvais temps, de la pluie et 20/25 nds de vent ce qui fait que je n’ai pas beaucoup apprécié et les mouillages sont à 25/30/40 m de profondeur ce qui ne m’arrange pas. J’ai fait un 1er mouillage dans le « Sandy fly » passage , un peu au hasard en m’enfonçant le + possible car le vent était fort et le lendemain j’ai eu la visite de Johnny Ruka le chef du village voisin qui m’a conduit à Roderick bay, derrière son village ou il y a un paquebot échoué, 50 m de long, juste devant la plage et le Y.C. qui n’est pas mal fait du tout, grande salle,toilettes,3 chambres qui demandent à être aménagées mais avec la vue bouchée par le paquebot.

Le Y.C. et son représentant

 

 N’ayant pas d’autre voilier que moi il était un peu collant et m’a taxé de 50$ de kastom fees. Je suis parti au bout de 2 jours, à son grand regret, pour faire le tour en espérant mouiller à ANUHA isl. Mais trop de vent, j’ai continué par le Mboli passage mais j’ai eu un mal de chien à trouver un mouillage correct pour la nuit. Partout ou je m’arête les pirogues surgissent de tous les coins, ils parcourent des distances incroyables et ils vont vite.

Du coup , ça suffit, cap sur les Russells, mais je suis parti un peu tard le matin, le vent a subitement tourné à l’approche de Lologan, donc le mouillage n’est plus sécure, la nuit approche et c’est aussi trop tard pour aller à Koemurun qui a une passe étroite avec seulement 1,8m d’eau donc il ne reste plus qu’à passer de nuit à travers tout ce dédale d’îles et de récifs pour aller à Tillotson cove, super bien abrité au fond, pas de village à proximité, de la mangrove avec des habitants sympas venant de loin. Alors de nuit avec maxsea décalé + le radar + le sondeur ça le fait. Et une bonne bière bien méritée en arrivant.

Ah mais oui je ne vous ai pas dit que je m’étais procuré un kit à faire de la bière. J’en rêvais depuis longtemps, en fait depuis que j’ai rencontré un cata « Warahm » appelé « FENUA » rencontré la 1ère fois aux marquises, sans faire connaissance, puis en Polynésie et enfin au Vanuatu ou je suis allé le voir et ou j’ai goûté la fameuse bière qui est très bonne.Je me suis longtemps posé la question : « fais-je un aller-retour rapide Nouvelle Zélande ou Australie pour acheter l’appareil ? ». Et puis Paolo étant en NZ je lui ai demandé de l’acheter pour moi. Ce n’est pas très cher, c’est composé d’un bidon en plastique avec un robinet à la partie basse et un évent avec siphon dans le couvercle.Une boîte d’orge malté avec levure que l’on mélange à de l’eau et du sucre, ça fermente, on soutire, met en bouteille pour une 2ème fermentation Et tu bois au bout d’une semaine mais c’est nettement meilleur au bout d’un mois. J’ai de quoi faire 460 litres donc je devrais atteindre l’Europe sans problème d’autant que sur la route que j’ai choisie je ne rencontre personne, et je fais des économies.

 

Aux Russells il y a un village crasseux, des descendants de Polynésiens, qui sculptent des animaux sur bois, très réalistes. Aigles,crocodiles,poissons etc.. J’ai ramené 2 aigles lourds et encombrants ( mouillage 30m).

J’ai quitté les Russells pour le Marovo lagoon, soi-disant la 8ème merveille du monde, ces anglo- saxons sont un peu chauvins, c’est bien mais n’arrive pas à la cheville de la Nelle Calédonie.Entrée par MBILI en passant par le sud entre les 2 îles, encore un peu juste au niveau éclairage et là du coup Maxsea me fait une embardée et je me retrouve de l’autre côté de l’île.. Bref j’arrive au mouillage super protégé, devant chez le chef LUTEN qui me fou une paix royale mais le lendemain je serai assailli par les canoës. Le chef et son fils Milton m’emmènent chez eux et me font une exposition de carvings à tomber le cul par terre.

 Mes achats de carvings

 
J’ai craqué, fourgué mes 2 meuleuses/perceuses, un vélo pliant, une table de jardin en plastique, des palmes et un peu de cash.
 
Je me suis ensuite « tapé » tout le Marovo lagoon avec maxsea décalé, et son dédale de récifs. Ce n’était pas triste,il faisait beau et j’ai admiré le paysage. Presque tous les îlots/îles sont habités par des constructions sur pilotis.A la sortie je suis allé mouiller à SEGHE. Le lendemain encore 3 milles de lagon et la sortie par une passe avec un seuil à 3m, pendant assez longtemps ce qui fait qu’on n’est pas très fier quand on voit les tâches marrons des patates. Je suis remonté passer la nuit à RENDOVA, dans un cul de sac verdoyant, j’ai eu la visite de quelques pirogues mais les carvings n’étaient pas beaux.
De là remontée sur NORO pour faire du GO., par le diamon narrow, impérativement par temps clair, c’est bourré de récifs, il y a quelques piquets mais on se demande toujours de quel coté il faut les passer.C’est très joli, plein d’îlots et le « narrow » mérite son nom, mais la comparaison avec le diamant c’est un peu « osé ».
Le lagon de NORO, près de la « ville » est tout petit, l’entrée étroite, env. 15m ; mais une fois dedans et au fond c’est calme. A part le GO il n’y a rien à faire à NORO donc cap sur GIZO la capitale.
3 petites heures pour aller à GIZO mais quand maxsea déconne, on serre un peu les fesses dans les endroits un peu mal famés et celui-là en est un. Le guide n’est qu’indicatif, quoique bien fait, mais il faut une bonne visibilité la 1ère fois. C’est une grosse bourgade  de province, et pour la 1ère fois depuis 3 ans ½ je me fais cambriolé, en pleine nuit, jusque dans ma cabine. C’est ma faute, j’ai laissé la porte ouverte, il a décollé la moustiquaire et piqué ma banane,le sac à dos, dans la cabine ou je dormais. Je dis il car comme je dors à poil si cela avait été « 
elle » j’aurais peut-être pu conclure ? .Il a laissé le porte-feuille avec carte de crédit, passeport, permis etc.. sympa quoi, donc je n’ai pas porté plainte. L’équivalent de 300 Eurros, je n’en mourrais pas et pour lui c’est une somme. Le travail de nuit est rémunérateur, c’est bien connu

Je continue en direction de RANONGA, spécialisée dans les carvings sur pièrre, malheureusement un bateau me précèdera et fera la razzia, donc plus de choix. Mais les 2 mouillages qui sont au nord de l’île sont bien protégés surtout le + au nord.

Direction TREASURY isl., la  frontière avec la PNG. Pas de vent au départ puis un grain noir de chez noir, une mer dure, pas de visibilité, 15/20 nds de vent et une flotte ininterrompue mais je suis arrivé tranquilos en évitant l’écueil au milieu de la passe.

Gros village, gens assez sympas, le chef , + de 70 ans, m’a montré ses photos de jeunesse, c’était une base américaine pendant la guerre, il subsiste de nombreuses épaves mais cela ne m’intéresse pas outre mesure d’aller plonger.

Direction GREEN isl. Pour cela il faut contourner Bougainville dont la réputation n’est pas bonne. Le guide annonce de grandes profondeurs au mouillage alors je suis un peu inquiet. En fait je trouve un endroit juste à droite de la passe, en contournant la zone marron, et avant le village ou il n’y a que 5/6m une plage avec du beau sable et des habitants moins envahissants qu’aux Salomons. L’eau étant claire j’ai gratté la coque.

 

Ensuite FENI avec un gros décalage sur maxsea, j’ai mouillé à l’ouest entre la petite île et la terre, pas très « sécure » par mauvais temps, pas de place pour éviter, une seule famille vit là je troquerai une photo grand format contre le plein de légumes et fruits.

A  TANGA les gens sont sympa leur anglais n’est pas aussi bon qu’aux Salomons mais ils sont mieux élevés. Le haut fond de 5.5m est en roche + corail très joli, mais c’est proche du reef fringent, bien abrité de l’est mais avec la hantise de crocher l’ancre. Ranus est venu spontanément m’apporter un morceau de porc, en fait il est d’abord venu me demander si j’aimais ça . Avec des lentilles c’était délicieux.

LIHIR, Louise hbr, port minéralier, de l’or soi-disant, de la fumée partout, les collines déboisées, a nu, transporteurs à bande, tas de terre, bref l’horreur j’ai fuit, en passant par le nord entre les îles mais il faut largement déborder la grande car le haut-fond  déborde en mer.

Je choisis d’aller à GOSMAIUM sur la côte ouest, paraît-il le meilleur mouillage. C’est vrai par vent de nord au sud par l’est mais par vent d’ouest c’est un traquenard dangereux. Une passe de 75m de large entre de hautes falaises à pic, un cercle parfait de 200m de diamètre maxi, 30/40M de profondeur. J’ai trouvé sur la gauche un peu mois de fond mais trop près de la berge.Un gars viendra la nuit m’annoncer la possibilité d’un tsunami pour le jour ou le lendemain. Je partirai de nuit après dîner sur KAVIENG en lui conseillant de passer la nuit sur les hauteurs. En fait il n’y aura rien, mais dans le doute il vaut mieux assurer.

Kavieng, petite bourgade avec des gens assez sympas. Je serai invité à dîner par un couple d’Australiens installés pour faire du charter avec un cata. (Danièle et Adam). Un autre australien sur un cata dériveur de 8m env., Konrad, venu d’Australie voir son fils.

 
Le Malagua Hotel avec sa plage de sable blanc « privée » est l’endroit ou l’on mouille car on peut laisser l’annexe en sécurité sur la plage.La ville est en hauteur sur la colline, on trouve à peu près tout au supermarché et j’ai même pu faire « réparer » un alternateur par une boîte tenue par un anglais, derrière la station Shell. Fuel au ponton des pêcheurs, c’est pratique et jerricans plastiques pas chers, en fait d’anciens récipients d’huile recyclés.

 De Kavieng petit temps puis 15nds et mer hachée pour arriver à Hermit. Décalage de 1 ,5 mille avec maxsea, je ne voyais pas encore la passe que le curseur était dans le lagon. Le chenal est balisé, il faut deviner ce qui est babord ou tribord. Le mouillage à l’est devenant

rouleur, je suis allé de l’autre coté. Gens sympa et pas envahissants du tout. Namo un handicapé polio répare les moteurs hb et aide les plaisanciers en bricolage. Crabe de cocotier géant, œufs, légumes, fruits. La meilleure monnaie d’échange, le « rubber » pour les fusils.

J’aiderai à tracer les fondations de 2 maisons, ils ne savaient pas faire un angle droit. Et pourtant j’ai trouvé un petit génie de la mécanique, Andrew qui a bricolé une pompe à eau avec des bouts de ficelle comme l’on dit et ça marche, un vieux pneu découpé pour faire une poulie et des rondelles, un tube pvc, une manivelle, c’est génial.

 test vignette

Le village d’HERMIT Isl.

Andrew et sa pompe

Andrew et sa pompe

J’ai profité du beau temps pour fabriquer un récupérateur de flotte au bas du roof, il y a longtemps que j’y pensais avec toutes sorte d’idées mais comme les meilleures sont toujours les + simples la gestation a été longue et le résultat à la hauteur des espérances. Le bateau sera au point à son retour en Europe.

D’Hermit direction NINIGO atoll, une petite journée de mer. Avec le décalage maxsea je suis arrivé trop nord, pour la passe, il a fallu tout remonter à l’intérieur ensuite pour aller dans le nord là ou réside la famille  KONIEL, Andrew le père, malade, tuberculose ?,Hellen la mère, Stanley le fils, super gentil, excellent plongeur et navigateur, ils fabriquent des pirogues qui sont presque des catamarans, 10m de long, inclinées à l’avant et l’arrière, des bras démesurés et hauts sur l’eau, 1 ou 2 mats et des voiles rectangulaires faîtes à partir de bâches et ça marche à 22 nds.

Standley m’emmènera à l’île Heina avec le cata chercher des crabes de cocotier, contrairement au guide la passe est de 3,5m et non pas inférieure à 1,5m. C’est un cercle parfait, excellent mouillage en cas de gros temps.

 

La famille KONIEL

La famille KONIEL




Les « pirogues « de NINIGO

Les  pirogues  de NINIGO

Deux jrs de pluie non stop et je décide de partir à la prochaine accalmie,SE 15 nds, ça décoiffe à l’abri de l’île et du clapot et au bout de 3 hrs c’est le calvaire des grains à répétition  20, 25, 30 nds qui génèrent de l’ouest et ça pendant 2jrs et 2 nuits. A 3 nds de progression je craque et décide de faire route sur JAYAPURA ou j’arrive à 2hrs du matin ,comme d’hab., maxsea, radar, sondeur et j’aperçois dans la baie des lumières « en placard » comme des panneaux de signalisation routière. En fait ce sont des barques de pêches à 2 mâts, trimarans qui portent des dizaines d’halogènes et se déplacent à petite vitesse. Mouillage dans 30m d’eau, un autre cata se trouve au mouillage, SHALIMAR, une famille néo-zélandaise  avec 2 jeunes garçons. Ils ont acheté le bateau à Phuket et le ramènent en Nelle Zélande. Comme moi ils veulent du GO, mais quelle galère, ce dernier étant subventionné par l’état,il n’y en a pas dans les stations services et il faut acheter un fût de 220 litres chez Pertamina, payer à une certaine banque, se le faire livrer et le transvaser dans les jerricans avec l’annexe, bref cela prend une pleine journée.J’ai eu un visa de 30 jrs j’espère qu’il me permettra de sortir avant son expiration.

Départ de Jayapura le 15 au soir, crevé mais j’ai perdu du temps, et finalement la météo est clémente, pas de vent,une mer plate, tout au moteur mais alors des arbres entiers, des branches, des bûches ,des débris de toute sorte qui flottent jusqu’à 30 milles des côtes. Impossible de tout éviter, de temps en temps ça fait claaang dans l’hélice mais pour l’instant ça passe. Le Néo-zed m’avait prévenu, lui il affalait la nuit et le courant le repoussait de 25 mille. Moi , pas fou , je vais dans le bon sens et fait 5,5nds sur un seul moteur.

J’ai réussi à passer la pointe nord d’Iran Jaya mais chaque fois que je voulais m’approcher de terre je trouvais mes débris. Finalement je ne m’en suis pas si mal sorti comparé au Néo-Zed.

J’ai pris le détroit  « SAGEWIN », assez large finalement et avec le courant sans le faire exprès, dans le bon sens, j’ai quand même tiré des bords voiles et moteur pour ne pas prendre la renverse. Ensuite, vent , pas vent, teuf-teuf et cap sur l’île SERANG. J’arriverai encore de nuit et passerais entre BOANO et SERANG avec du courant portant. Ensuite il y a trois possibilités :

_Passer à l’est d’EABI dans 3m d’eau et une passe étroite dans le récif,

_Passer à l’ouest d’EABI ou la passe entre SOLE est étroite, 50/75m mais profonde de 7m mini,

_ Contourner les îles par l’ouest

Me connaissant, j’ai choisi l’intermédiaire entre EABI et SOLE car 3m dans le récif de nuit, il ne faut pas tenter le diable.De nuit on ne voit pas l’entrée et comme elle est en zig-zag on a l’impression que c’est un cul de sac. Cette fois j’ai eu le courant contre moi, il ne faut pas exagérer, tellement fort que je faisais 1 à 1,5 nd sur le fond en contre-braquant sans arrêt. J’ai serré les fesses et arrivé dans la baie de l’autre coté j’avais encore du courant à contre et la jauge de GO à zéro. J’ai continué sur un seul moteur jusqu’à la côte ouest d’Ambon ou j’ai mouillé devant le village UHU.J’ai demandé à un local, par geste d’aller en taxi à Ambon avec 3 jerricans. Je ne vous dis pas le prix mais je n’avais pas le choix. Deux policiers locaux sont venus à bord m’inspecter, en fait ils voulaient un bachich. Je ne me suis pas laissé faire et ils sont partis dépités.

Arrivée le lendemain à Ambon, attendu à la jetée par le représentant de Jakarta qui m’a bien aidé pour les formalités. Sans lui je n’aurai jamais trouvé les administrations ou il m’aurait fallu une semaine. Presque personne ne parle anglais, il faut se balader en taxi-bus ou à moto. Encore faut-il savoir ou aller.Une journée pour faire le plein et les formalités, c’est éprouvant, je me repose finalement en mer.

 
dauphins qui jouent avec l’étrave 
les dauphins qui jouent avec l’étrave

Deux jours de belle navigation, du vent, une mer plate, du soleil et pas de pluie. Cela ne durera pas, le vent tombera de nouveau, teuf-teuf jusqu’à Bali. Et puis le moteur babord s’étouffe, faut pas chercher docteur, c’est comme le tribord au départ de Jayapura, il faut changer le filtre à GO. Pas con le Blanc hein !!!. Je fouille dans mes pièces de rechange, pas de filtre, j’ai utilisé le dernier pour le moteur tribord. Après une nuit de réflexion je suis persuadé d’en avoir acheté à Nouméa. Je viderais tous les placards, équipets etc, pas plus de filtre que de beurre en broche.Comme je n’ai rien à faire et que la mer est belle, je décide de rincer le filtre, on ne sait jamais !! ça ne marche pas. Oui mais si je le nettoyais à l’acétone et là miracle ça fonctionne ¾ d’h. Je le re- démonte et le laisse tremper 2 nuits et 2 jrs dans l’acétone, 1h de fonctionnement ça m’irait pour la marina. Je le remonterai au dernier moment , plutôt l’avant dernier. Je commence à voir défiler la côte à une trentaine de milles, les hauteurs de SUMBAWA, près de 3000m  et l’île de Médang qui doit porter un feu. Demain soir ce sera, en principe, l’arrivée sur Bali, encore de nuit sauf si le vent se lève à 20 nds. Mais faut pas rêver c’est du calme plat pendant 72h. Encore heureux que j’arrive à faire 5,5 nds avec un moteur et les voiles en ciseaux.

Et bien ce sera la pétole un peu renforcée jusqu’au bout, en plein milieu de la baie entre Lombock et Bali je passerai à proximité d’un radeau de bambou avec des chiffons de signalisation, au mouillage, sans feu pour la nuit. Après plusieurs jours de mer il est difficile de prévoir une heure d’arrivée, je ne suis pas la SNCF, et dans le passage entre les îles il y a un « putain » de courant contre le vent à 15nds, ça lève un « re-putain «  de clapot avec des creux de 2m. L’inconvénient du cata, c’est que tu es secoué comme dans un shaker mais bon ça passe. Jean-Marie, sur Finally, un  50 ‘ a pris une vague de 3m qui a inondé son cockpit, est passée par les panneaux ouverts bien sur, il fait tellement chaud.3 jours après il faisait encore sècher les matelas.

Je ne le dis pas mais vous vous en doutez, je suis encore arrivé de nuit.Il y a d’abord le détroit Badung entre Bali et l’île en face avec les ferrys et les pêcheurs sans signalisation. Je dînais la nuit tombée lorsque je vois une muraille de lumières passer à 20m sur babord, je me précipite, vire en catastrophe et le ferry passe dédaigneux.  Je me demande encore ce qui se serait passé si je n’avais pas viré. L’arrivée sur Bali est à perpète, c’est plein de lumières, tu ne distingues pas les feux de navigation qui sont moins puissants que ceux de la terre. Je trouve le chenal tortueux comme pas possible, je manque de m’échouer 2/3 fois, j’arrive au port ,je ne vois pas la marina, elle ne figure pas sur les cartes ni sur mon guide avec précision. En fait j’apercevrai les mats, personne ne répond à la VHF, il est 2h du matin.Un chenal creusé y mène, bordé de piquets verts mais je ne le saurai que le lendemain, je vois finalement la zone de mouillage, mais avec un moteur, du vent , la  profondeur à surveiller et les autres bateaux à surveiller, c’est beaucoup pour un seul homme fatigué, dans le noir. Sylvaine dit que je suis le roi du mouillage, cela s’est vérifié une fois de plus car avec un seul moteur tu n’as pas le droit à l’erreur.

En allant le lendemain en annexe à la marina je serai apostrophé par Jean-Marie qui y est depuis quelques jours. Il y a une place pour moi, celle de Marco Polo, parti la veille. JM viendra me donner un coup de main, le filtre nettoyé à l’acétone voudra bien fonctionner ce qui me permettra de faire une arrivée de chef dans la marina au grand dam de JM qui me dira qu’il n’a rien eu à faire.

A Bali je passerai mon temps à courir les magasins pour trouver des filtres, a en installer un gros supplémentaire sur les conseils de JM qui m’emmène en ville sur sa moto. Je serrerai les fesses en permanence à l’arrière, j’aurai juste le loisir d’aller visiter le temple ULUWALLU et la boutique de carvings. La marina est à perpète de la ville, un rien délabrée dans une zone marécageuse sans attrait. Tu manges au resto pour 1,5 dollard US, les gens sont souriants et gentils ; hello mistère !!! hello boss !!!

le temple ULUWALLU sur la falaise à l’ouest de Bali
le temple ULUWALLU sur la falaise à l’ouest de Bali

J’ai oublié de dire que j’ai déchiré la grand-voile en arrivant, c’est la partie retaillée à cannes qui s’est décousue. JM m’a trouvé un artisan qui a bien voulu me la recoudre sur une vieille machine Singer, un jour férié, peut-être pour faire pardonner l’attentat de Bali qui a fait une vingtaine de victimes. Encore la galère pour s’approvisionner en diesel, par fûts, transvasé dans des jerricans, tu en mets partout, les prix changent tous les jours.

Pas fâché de quitter Bali, dont je n’aurai rien vu. Un « putain » de courant, je ne comprenais pas, je me faisais rattraper et dépasser par un monocoque. Quand j’ai regardé le GPS, je faisais 1,7nds. Dans le détroit de Lombock j’ai pris le vent, 15nds puis 25 en rafales, lorsque j’ai remonté ma GV je me suis trompé dans les poulies de bosses de ris, impossible de réduire, le chariot de têtière de gv sort du rail une fois de plus, je vais donc me réfugier à l’abri de Bali ou je mouille pour 2 heures le temps de tout remettre en ordre et c’est reparti. Dans la nuit les moteurs s’arrêteront l’un après l’autre et j’en serai quitte à barrer 18 à 20 heures /jour et me mettre quelques heures à la cape, ce que je n’avais jamais fait de ma vie et ça marche, c’est très confortable, tu dérives de 1 à 1,5 nds suivant le vent. Il faut que les cargos se déroutent à ta place. Une nuit, m’étant trop approché des pêcheurs qui mouillent en pleine mer, mais il n’y a pas de fonds, j’ai du repartir et me ré-installer plus loin. Je pensais avoir des difficultés pour virer, à la cape le safran doit être poussé sous le vent et pour repartir tu les mets au vent. Easy isn’t it !!

Obligé de barrer pour économiser les batteries, je ne peux pas commuter les panneaux solaires sur tribord, erreur de jeunesse, l’éolienne , elle, est commutable, mais il n’y avait pas assez de vent.Un jour j’ai inversé les batteries babord et tribord pour avoir plus d’autonomie, mais quel boulot. Arrivé dans la baie de Kumaï, plus de vent. Je repère des pêcheurs qui rentrent, de grands signes, pour leur faire comprendre qu’ils me remorquent, ce qu’ils font gentiment, qu’elle est longue cette rivière. Jean-Marie se plantera avec la carte que je lui  ai donné, obligé de faire appel au remorqueur. J’arriverai sans gloire, à la nuit, grâce à mes bienfaiteurs qui ne me demandent rien. Je leur laisserai une cartouche de malboro, 4 bières et 200 000 roupies ce qui semble parfaitement leur convenir.

en remorque sur la rivière de Kumai

en remorque sur la rivière de Kumai

Courses en ville à 20 km de là, à moto, encore, pour trouver des filtres inexistants qu’il faudra commander,n ‘arriveront pas le jour dit mais le lendemain ; Ils ne seront pas conformes, trop longs et pour huile au lieu de GO.Bricolage avec Jean-Marie, on écartera les filtres du support avec des douilles de clefs et du caoutchouc, si Mr Lombardini voyait ça, il se retournerait dans sa tombe. Et bien aujourd’hui dimanche 16 octobre, les 2 moteurs tournent, avec l’aide de qui vous savez et de Daniel Brard qui prie régulièrement pour moi, merci Daniel.Ils m’ont bien fait quelques frayeurs en toussotant et même en s’arrêtant mais ils sont repartis après un petit coup de purge.

Dans cette course contre la montre avec l’expiration de mon visa, je n’aurai rien vu de l’Indonésie alors que j’en attendais beaucoup, je suis un mois trop tard, passé trop de temps aux Salomons à cause de ma blessure et mal calculé la date de mon CAIT. Je le saurai pour la prochaine fois. Trop tard dans la saison je me récolte la pétole, avantage la mer est plate.En direct, pendant l’écriture, un petit pêcheur est venu me raser les moustaches.

La traversée vers Singapour sera aussi stressante que Bali/Kumai, pas de vent, les 2 moteurs fonctionneront tant bien que mal, à l’approche du détroit de Singapour j’aurais encore des frayeurs, tout d’abord un petit nuage blanc de rien du tout à l’horizon que j’ai longé pendant des heures, au crépuscule j’ai commencé à voir les éclairs puis la foudre qui tombait dans l’eau, BRRRR !!! pas rassuré le gars, et puis la trouille, le pilote qui refuse de coopérer pendant 2hrs juste à l’entrée du détroit dans lequel je dois tirer des bords, c’eut été trop facile. Heureusement j’ai le courant pour moi, plus beaucoup de GO, donc cap sur NONGSA marina ou j’arrive en fin d’après midi, pas de GO, il faut aller dans la baie d’à coté, au terminal des ferries qui me rasent à toute vitesse.Pas de GO non plus, alors là j’insiste et les gardes-côtes arrivent ,à ma recherche, et me font obtenir 75 l. je dois mouiller dans la baie et le lendemain je traverserai le rail des cargos, sans problème mais il faut bien viser, car dans le sens du courant ils vont vite. Un cargo toutes les 12mn. Il y en a partout, certains sont très lents , les barges tractées, d’autres au mouillage, il faut avoir l’œil sans compter les gardes côtes, véritables chiens de chasse qui patrouillent en permanence.

J’accoste à la marina de Sentosa, toute neuve et gratuite jusqu’au 1er nov, accueilli par Paolo mais je dois repartir au mouillage , appeler le 77 à la VHF pour l’immigration à laquelle je tends les papiers avec la gaffe, retour par le même chemin, je signe et je reçois une copie, 10mn en tout et je retourne à la marina ou m’attendent Paolo et Gabriel avec un plat de spaghettis. Ah l’amitié !!

l’arrivée sur Singapour et ses cargos
l’arrivée sur Singapour et ses cargos

Le lendemain je vais voir Carolyn de SPICY LADY qui me chaperonne, me fait visiter , me procure un pass pour le métro, bref cool my friend !! . Il faut que je vous dise que Carolyn me soutient par mail interposé depuis mon départ de NC ou peu après, elle et son skipper Breton , Pierre –Yves font également le tour du monde, mais ils ont choisi de transiter par le rally  Darwin/Kupang, je profiterai de leurs conseils entre Bali et Singapour et à mon tour de renvoyer l’ascenseur quand je les précèderais en Malaisie

Je purge mes réservoirs, GO neuf et ça tourne. Enfin pas trop car en allant à Rafles Marina le moteur babord me fera des infidèlités, je purge, ça repart, ça s’arrête plusieurs fois et finalement plus de gaz dans le chenal, en plein trafic, une idée comme ça, je regarde l’hélice qui traîne un cordage de belle taille. Palmes, masque et dans l’eau trouble, cela ne m’a même pas m’a pris 5mn.

Alors SIGAPOUR c’est la Suisse avec la chaleur en plus, tout est nickel, sécurisé, on trouve de tout, métro super moderne et facile, j’ai essayé de voir les » crapauds « Lidapter, mais on ne les voit pas. Mais alors que les femmes sont moches, un vrai remède contre l’amour, long tronc, jambes courtes et arquées, dents qui avancent, pas très aimables surtout les chinoises. Mais dans le métro, le bus, la rue ,partout, tout le monde possède un ou plusieurs tél. portables que chacun consulte en permanence à tel point que je me suis dit : » il faut que je prenne le mien, même s’il n’est pas branché, je ne serai pas l’exception « .

Little India et china town sont les quartiers pittoresques, tu peux manger et faire ton marché toute la nuit, les bijouteries indiennes sont rutilantes avec l’or à 22/24 carats à 8$ Sing. Le gr. J’avais trop tiré sur ma carte de crédit, cela m’a évité de faire des folies.

Je me suis quand même acheté un ordinateur dernier cri avec lecteur et graveur de dvd, un nouvel appareil photo avec déclenchement en série il faut dire que l’autre est en piteux état, des chaussures, des « leds » pour les feux de nav, de l’anti fouling etc. etc.

J’irai rejoindre Carolyn à Rafles marina, plus chicos, mais moins bien que Sentosa et je retrouverais à la piscine, Jean et Nicole de CALIMERA, un ketch Amel dont j’ai fait la connaissance à Bali.

Départ de Rafles pour Pisang, toujours avec des ratés dans le moteur babord, arrivée de nuit puis le lendemain Port Dickson, super marina dans un complexe tout neuf, c’est ici que Paolo s’est de nouveau planté sur une patate avec voie d’eau à la clef. Là je décide de re-inspecter mon circuit GO et je découvre que la pompe à GO neuve installée à Nouméa  a l’axe sorti de son logement, incroyable que cela ai pu fonctionner dans ces conditions et pendant plusieurs jours.

Direction Port Kelang, enfin les îles extérieures, cul de sac, mouillage dans la mangrove.

Ensuite Sembilan ou j’arriverai de nuit, trop profond, trop près de la côte, je remonterai la voile et cap sur Georgetown ou je ne trouverai pas IRON LADY , le spécialiste pactor car Carolyn m’a chargé l’ordi avec la nouvelle version de Sailmail et en installant tout comme sur l’ancien cela ne veut pas le faire. Il faut encore trouver » LE « spécialiste qui saura faire.

Cap sur Langkawi ou j’arriverai devinez quand ? de nuit !!! mouillage parmi les ferries, mauvaise tenue puis le lendemain re-mouillage devant le chantier Wavemaster marine, le + cher de toute la région paraît-il, mais il est nickel, propre, fleuri, des moyens gigantesques. Marco Polo est là, Paolo a préparé les surfaces, il n’y a plus qu’à stratifier, poncer, enduire, une couche sur l’arête de la dérive et c’est bon.J’irai ensuite à Telaga Harbour, une nouvelle marina chicos, pas chère ou se trouve Jean-Marie qui a la dernière version de maxsea 10.3 et des broutilles et j’y trouverai aussi Michael d’Iron Lady  qui me résoudra sailmail et en profitera pour me fourguer l’up-grading de pactor II qui il faut le reconnaître est + rapide.  Il reviendra le lendemain m’installer le code pendant que je faisais des crêpes à Jean-Marie et m’installera maxsea contre une copie de la nouvelle version.

Jean-marie a « vendu » virtuellement son bateau à une famille danoise, charmante, il retourne en Europe s’occuper de son divorce et nous passons pas mal de temps en semble car il est déboussolé le pauvre.

Carolyn m’emmènera avec le rallye faire l’excursion au téléférique, vue superbe sur la côte ouest de Langkawi.


langkawi
la côte ouest de Langkawi

Je retournerai à Pinang acheter du TBT, pour l’anti-fouling, vent 20/25 nds dans l’après-midi et encore une acrobatie dans le chenal, les drosses sortent des poulies et me voilà sans gouvernail, panique à bord, ça remue beaucoup et surtout je suis dans le chenal des cargos, non manoeuvrant, et ils ne le savent pas. Bref après l’instant de panique j’ai tout remis en place, mais il va falloir reprendre le jeu. Je découvre la nouvelle marina dans le centre ville ainsi que Carolyn et Caliméra avec lesquels je testerai deux excellents restaurants de poissons chinois.

Retour à Langkawi ou j’ai trouvé un chantier pour les réparations et l’anti-fouling à un prix défiant toute concurrence Il ne reste plus que l’huile de coude.

retour à la page d'acceuil


après-midi et encore une acrobatie dans le chenal, les drosses sortent des poulies et me voilà sans gouvernail, panique à bord, ça remue beaucoup et surtout je suis dans le chenal des cargos, non manoeuvrant, et ils ne le savent pas. Bref après l’instant de panique j’ai tout remis en place, mais il va falloir reprendre le jeu. Je découvre la nouvelle marina dans le centre ville ainsi que Carolyn et Caliméra avec lesquels je testerai deux excellents restaurants de poissons chinois.

Retour à Langkawi ou j’ai trouvé un chantier pour les réparations et l’anti-fouling à un prix défiant toute concurrence Il ne reste plus que l’huile de coude.

retour à la page d'acceuil