THAÏLANDE-GRECE
J’ ai contourné SOCOTRA très au large , ce qui ne m’ a pas empêché d’avoir une grosse frayeur : un speed boat vient vers moi mais assez au large, lorsqu’il me dépasse je respire, mais pas longtemps, il fait une large boucle et viens près de moi, 4 hommes à bord, je me dis ; ça va être ma fête et bien non, ils étaient à la recherche de dauphins, seul mot d’anglais qu’ils connaissaient, je les ai envoyés au loin derrière moi .

Ballet de dauphin dans le golfe d’Aden

Une pêche sanguinaire
Le lendemain je vois au
moins une douzaines de points noirs à l’horizon
qui viennent du Yémen, certains
me passent devant, d’autres derrière à
toute vitesse en direction de la Somalie ;
là j’étais
près, la pétoire à poste, on
ne sait jamais.
Arrivée de nuit à Djibouti, comme d’hab. !! c’est facile et bien signalé, quelques bateaux au mouillage mais personne que je connaisse. Arriveront ensuite LENA, MIMOYA et DOUBLE CLICK et je ferai la connaissance de DIDIER et sa compagne thé, PANG
Djibouti c’est crasseux, de la pauvreté,mendicité, etc … le seul avantage c’est qu’on y parle français, ce qui ne veut pas dire que l’on se comprend facilement avec les autochtones . J’ai pu y faire recoudre la GV par l’armée, en fait un bottier qui possède des machines à coudre espérons que cela tiendra.
Nous décidons avec LENA de faire une excursion dans l’arrière pays. Je me renseigne dans une agence de voyage mais LENA trouve un meilleur prix. Au moment du départ au lieu du 4x4 pour 7 personnes c’est un vulgaire taxi donc nous annulons, en fait j’ai carrément refusé de monter à 6 dans un taxi non motorisé à l’arrière et bien m’en a pris.
Nous repartons donc vers l’agence, négocions et c’est parti pour le lendemain. Une heure après l’heure prévue toujours pas de voiture, on fonce à l’agence ; la voiture ne convenait pas , je l’ai renvoyée, elle est partie vous chercher . On la trouve finalement, nous embarquons le guide s’arrête pour faire le plein à la 1ère station et nous demande de payer l’essence. Alors là , la moutarde nous monte au nez et après moult palabres nous partons enfin. Alors le guide, très bien, il a fait du mieux qu’il a pu car il n’y avait pas grand chose à voir.

Le lac salé de DJIBOUTI
Le volcan de DJIBOUTI

Le canyon et la faille

Dîner à bord de LENA avec la famille FAILLY (moins une) + Didier et Pang de VEGA
Je croyais avoir perdu un coulisseau de latte de GV alors qu’en fait je l’avais mal remonté depuis BALI !!!il était au-dessus du chariot de têtière, j’ai commandé un jeu complet à Olivier TAROT que je recevrai en 10 jrs par la poste .Et puis basta !! le port est plus cher qu’une marina de Malaisie ou Thaïlande avec électricité et internet, donc cap sur les 7 îles , dans le détroit Bâb El Mandeb ou je prendrais une bouée nouvellement installée par la marine , elle viendra d’ailleurs prendre une photo pour justifier l’investissement. Malheureusement j’ai du la larguer et m’ancrer plus loin car à la renverse je venais cogner dedans au risque de trouer la coque.
Ensuite c’est le passage du détroit avec 25 nds de vent, de l’arrière heureusement, qui m’amènera en faiblissant jusqu’à MASSAWA en Eritrée . En fait je n’avais pas prévu d’y aller mais mon moteur chauffant de nouveau, LENA me conseille à la vacation radio de le faire réviser, d’autant que l’Eritrée à été occupée par l’Italie et que j’ai des moteurs italiens.
Va pour Massawa, j’y suis arrivé un samedi, personne dans les rues l’après midi, le lendemain dimanche non plus, bref j’ai fais les formalités le lundi . J’en ai profité pour aller au chantier voir un mécano serviable et assez rigoureux, nous avons nettoyé le circuit eau douce et mer et j’ai dégagé la prise d’eau sous la coque au mouillage.
Qui vient frapper à la coque et passer la tête au dessus du pont ? Claude de « LA PETITE SIESTE » dont j’avais fait la connaissance à HIVA OA aux Marquises 3 ans plus tôt.Il est scotché à Massawa depuis un an après deux tentatives manquées de remonter la mer rouge. Il trouve comme excuse que c’est le meilleur endroit pour résider et il n’a pas tort car l’Eritrée est démocratiquement avancée pour un pays africain, égalité homme / femme depuis la guerre ou elles se sont distinguées au combat.
Mais la vraie raison c’est qu’il est tombé amoureux d’un petit cul comme il les aime et qu’il va y laisser sa chemise. Je me demande d’ailleurs s’il repartira un jour. Adieu le CLAUDE, je t’aimais bien !!!
Mais il a raison sur un point , les filles sont jolies , enfin pas toutes, mais celles qui le sont le sont bien . Elles ont un faciès européen, petit nez droit, lèvres fines, pas de cheveux crépus, elles sont juste plus ou moins colorées et certaines sont moins bronzées que moi avec la grâce africaine en plus.

AMORE et CLAUDE de la petite sieste
J’ai été invité à prendre le café chez des particuliers, les maisons sont à moitié éventrées des suites de la guerre mais il y a quand même l’électricité et un frigidaire, par contre pas d’eau courante, elle est dans des fûts plastiques ou métal dans la rue et un camion citerne passe les remplir tous les soirs. Il y a des gravats dans les rues provenant de murs effondrés, mais les rues sont propres, pas de papiers ni de sacs plastiques ou autres déchets que l’on trouve habituellement dans les pays africains .
Alors le café c’est un art de vivre, on allume d’abord un petit poêle à charbon , on fait torréfier les grains de café dans une louche à fond plat sur les braises, lorsqu’il est grillé on retire les grains calcinés et on le pile dans un mortier avant de le verser dans une jarre remplie d’eau bouillante. On le fera passer 2 ou 3 fois et on est servi 3 fois en principe dans de petites tasses rincées sommairement. C’ est très bon mais il ne faut pas être pressé car l’opération peut prendre 1 à 2 heures. Pendant l’opération le chic consiste à faire brûler de l’encens et la cérémonie est identique dans tous les foyers.
J’ ai profité d’une fenêtre météo pour quitter Massawa et tirer des bords voiles et moteurs à travers l’archipel des Sawakin. Le moteur babord s’est encore mis à chauffer donc je décide de m’arrêter dans une petite île repérée sur Maxsea avec des fonds de 5m. Que dalle, le platier est accore , 60m à 0, impossible d’ancrer.J’affale tout, me laisse dériver, je démonte la pompe à eau, remonte le tout, démarre et l’eau ne sort pas. Masque et tuba, je plonge, dégage la prise d’eau, j’en profite pour enlever les algues dans les hélices et redémarre, toujours pas d’eau. Je redémonte tout, recommence etc. pour simplifier je l’ai fait 4 fois. Une bordée de jurons, je réfléchis 5mn et me rends compte que j’ai oublié de monter la turbine.
J’étais un peu fatigué, contrarié de ne pas pouvoir ancrer, je voulais passer une nuit tranquille au calme, regarder les fonds raté.
Comme j’avais une odeur de produits chimiques dans ma cabine je décide d’y regarder de plus près. Horreur, 25 / 30 l de GO dans les fonds, à vider à l’éponge, je resserre les vis de la trappe pensant que c’était la cause du mal et je m’aperçois que le coude de raccordement est cassé net. Autrement dit quand je remplissais le réservoir j’en mettais la moitié dans les fonds. Par acquis de conscience je regarde l’autre réservoir, kif kif mais en moins pire, le coude n’étais pas entièrement cassé. J’ai bouché temporairement pour rejoindre la marsa KHOR SHINAB ou j’ai été bloqué 4 jours par du vent fort, cela m’a permit de réparer, collage à l’araldite d’abord puis stratification externe et interne et c’est béton. J’en ai profité pour renforcer le bac à douche à la fibre de verre car il était fendu.Ah le matériel !!!

Coucher de soleil à la marsa KHOR SHINAB
De KHOR SHINAB j’ai encore tiré des bords vers l’île ZABARGAT ou l’on peut , paraît-il trouver des pierres précieuses. Le mouillage indiqué étant trop risqué je n’ai pas osé m’arrêter pour venir me mettre à l’abri du RAS BANAS en me faisant copieusement rincer par 20 nds au près prévus seulement pour le lendemain.
J’y retrouve LENA et l’équipe judéo-magrébine avec « leader one et consort » ; des connards australiens ,suédois ,américain et j’en passe, encore bloqué pendant 3jrs. En fait c’est la règle, 3 / 4 jrs de nord puis 2/ 3 jrs de pétole pendant lesquels il faut profiter pour tailler de la route et rejoindre Port Gahlib dans le sud de l’Egypte pour y faire l’entrée.
Complexe touristique sorti du désert pour la plongée sous-marine, ce sera peut-être beau un jour mais pour l’instant c’est mal conçu, le personnel est gentil mais incompétent, pas de commerces,de banque il faut prendre un taxi pour la moindre chose. En fait il faut y faire son entrée, du GO si nécessaire et aller immédiatement ailleurs.

L’entrée à Port Gahlib
Départ de Port Gahlib le 19/04/06 en direction d’Hurgada ou je pensais trouver Jean-Marie de FINALLY, mais il tire plus vite que son ombre. Hurgada c’est le temple de la plongée, des centaines de bateaux qui emmènent des milliers de touristes sur le moindre petit îlot. La côte est bétonnée, des resorts partout avec plage privée ce qui fait que l’on a plus accès à la mer. Si tu es en bateau tu ne peux pas débarquer, si tu es à pied tu ne peux pas aller te baigner, mais c’est tout neuf, tout blanc, tout propre.
Jean-Marie n’étant pas là je continue sur ABIDOS marina ou je retrouverai Paolo de Marco Polo et son fidèle Gabriele, nous irons ensemble à Abu Tig Marina, quelques milles plus au nord lorsque le rallye mer rouge sera parti. Encore un super complexe touristique, plusieurs resorts, terrain de golf, canaux intérieurs, villas luxueuses et j’en passe. La marina est super chouette, bordée de restaurants, la dolce vita !!!
Nous ferons ensemble une expédition à LOUXOR , KARNAK voir les temples, vallée des rois et reines en convoi , 50 bus ou plus, une file ininterrompue de bus sur des KM avec des checks points militaires tous les 50 km ? mais les touristes ne s’arrêtent pas, c’est le pays le plus militarisé que j’ai jamais vu
.

La fine équipe : Gabriele, Paolo, Emile, Jean-Marie, Peter chez Marco Polo

LOUXOR, KARNAK
Les temples et vestiges sont époustouflants, s’il n’y avait pas les vendeurs égyptiens de tout crin pour qui le tourisme est une manne, ils sont aussi collants que les mouches.
Quand on est dans une super marina le plus dur c’est d’en partir, départ pour endehaviour harbour à quelques milles, j’ai voulu m’arrêter pour faire masque et tuba , les fonds sont minables comparés au Pacifique et bien mal m’en a pris car ensuite j’ai du aller me réfugier à BLUFF POINT, 4 à 5 milles plus au nord, trop de vent et j’y resterai plusieurs jours bloqué par le vent derrière une dizaine de bateaux de plongée, sympa d’ailleurs, mais pour soi-disant le plus beau corail du monde ils repasseront.
Et c’est parti pour SUEZ, l’entrée du canal en profitant d’un temps calme, le slalom entre les plates formes pétrolières et les cargos de plus en plus nombreux.. Mouillage entre 2 bouées, c’est bien organisé, mister agent nous tombe dessus dès l’arrivée, il suffit de payer et les documents sont vite prêts, le pilote vient à bord et on prend la rive gauche du canal, les cargos nous doublent sur tribord. Il y a des soldats tout le long du canal, je dirais tous les km maxi, une petite cabane en tôle ou en béton et ils nous surveillent aux jumelles. Quelle vie de con !!! en plein désert.
Frayeur avant d’arriver à Ismailia ( à mi-parcours ou l’on s’arrête), un cargo en panne en travers du canal le bloque entièrement. Il faudra attendre le gros remorqueur pour pouvoir passer.
D’Ismailia j’en profiterai pour visiter le Caire avec Jean-Marie et son équipier Peter. Une suite pour 3 à l’hôtel ….(je ne sais plus !!) bar gratuit et petit déj. à volonté. Les pyramides sont impressionnantes, le Caire,beurk !!,son musée idem, celui de Louxor était mieux, à mon goût.

Les pyramides
Départ d’Ismailia pour Port Said, sur la méditerranée, pilote à bord de bonne heure en compagnie de FINALLY, au milieu du parcours un moteur tombe en panne, j’étais zen ce matin-là. Je change la turbine de la pompe à eau, démarreur, rien !!j’avais un soupçon, je change le filtre à GO, re-démarreur,re- rien !!, je fixe ce p….. de moteur et m’aperçois qu’un fil électrique est sectionné, toujours zen je vais chercher une cosse, refait le branchement et wraoum !! wraoum !! c’est reparti. Le pilote ne se tenait plus de joie ; captain N° one, il se voyait passer la journée entière dans le canal. Je pensais m’arrêter au YC de Port Said mais c’est mal fichu, une amarre en travers, le bateau à cul, j’ai mouillé l’ancre, le fond ne tient pas, bref après un entretien à la VHF je décide de suivre FINALLY directement vers la CRETE, que nous atteindrons 4 jours plus tard après une traversée voile plus moteur dans une mer hachée, dégueulasse, j’ai failli avoir le 1er mal de mer de tout le périple. J’ai du ressortir parka, bottes, pantalon et pull, che frio !!
Jean-Marie repartant voir son fils en Europe,Christine son équipière , viendra passer quelques jours avec moi. Nous irons passer quelques jours au mouillage autour de l’île aux lèpreux, SPINALONGA, ancienne forteresse, très jolie mais envahie plusieurs fois par jour par des hordes de touristes sur des bateaux avec sono à fond. Fuyons ! fuyons !
re

SPINALONGA
Puis ce sera SANTORAIN (Thira en grec) avec sa marina gratuite dans le sud. L’île est splendide mais impossible d’y mouiller, trop de fond, et plein de bateau charters qui s’accaparent toutes les bouées.Je n’ai trouvé qu’un seul endroit avec 2,5m d’eau face à un tas de lave et d’après le « waters pilot » l’île est infestée de rats.
Je remonterai lentement dans les cyclades, mouillage dans le sud de N. IOS, N. ANDIPAROS, village propret, tout pour le touriste, studios à louer partout, les maisons,rues,bateaux, tout est repeint à neuf, le mouillage tranquille et bien protégé.
En sortant j’irai toucher un haut fond en voulant contourner la petite île par tribord puis cap surN. KITHNOS, le port gratuit de Loutra sur recommandation de Frédéric et Carole NUMA, il y a juste l’eau et l’électricité à payer si on en a besoin. Se méfier car a l’extérieur du quai il y a un peu de houle alors quand le meltem souffle ça ne doit pas être triste.
Puis comme je réalise que je ne suis pas loin d’ATHENES je décide d’y aller, je rentre dans une 1ère marina, fait le tour, personne, je ressors appelle à la VHF, pas de réponse, en fait aucune marina ne répond, finalement je suis un bateau qui va au fond de la baie, une marina toute neuve, personne, pas de place si ce n’est à coté de la vedette du port police ou je resterai 3 jrs ,gratos, puis ils me demanderont de partir. Alors j’avais trouvé le waters pilot qui me manquais, je suis donc allé mouiller dans la baie de Paloukia, de l’île N. SALAMINA, je suis seul, tranquille, il y a un bac ininterrompu avec PIRAEUS pour 2,6 Euros, puis le metro pour Athènes, très pratique, un magasin Carrefour à ZEA marina, en plus des guides j’ai pu faire réparer mon téléphone et visiter l’Acropole et la Plaka.
A SUIVRE....